L'association

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Déclaration de principe fondatrice – Association VIGICOR

Aix-en-Provence, 2015 Convaincus que la corruption, sous ses formes multiples, entendue comme tout « abus de pouvoir à des fins de gain privé », engendre de très nombreuses victimes, le plus souvent insoupçonnées, invisibles ou oubliées et, surtout, non reconnues comme telles. Que la corruption est l'instrument usuel de la criminalité organisée, qu'elle se rencontre dans tous les trafics illicites d'importance. Qu'elle sert donc la diffusion, au sein de nos sociétés, d'armes de guerre, des règlements de compte, de la prostitution forcée ou encore l'augmentation de la consommation des drogues et des addictions morbides qui se développent de concert. Que de nombreux pays qui n'ont pas voulu regarder en face ces réalités empiriques ont glissé insidieusement vers des situations tragiques et presque inextricables comme le Mexique, l’Ukraine, l'Égypte, la Birmanie, ou encore une partie significative de l’Afrique. Que les élus et chefs politiques qui distribuent sur leurs territoires des prébendes, emplois publics, logements, subventions ou autre ressources financées sur fonds publics à des fins principalement électoralistes ne sont en rien des bienfaiteurs. Qu'ils représentent au contraire la raison principale pour laquelle les communes pauvres ne se développent pas et maintiennent leurs habitants dans le dénuement économique et la crise sociale. Que le clientélisme maintient ainsi la pauvreté et entretient l’inaction coupable. Que la corrélation entre niveaux de pauvreté et de corruption sur un territoire donné est un fait attesté par la plupart des études internationales. Que pour cette raison seule, une réelle volonté politique au plus haut niveau, sur la durée, peut être l'instrument d'un développement économique durable et partagé. Qu'il n'existe en effet aucun exemple de pays prospère où la corruption n'ait pas été jugulée jusqu'aux niveaux les plus bas. Qu'au contraire les pays les plus instables et dangereux sont ceux où la corruption y est endémique et va parfois jusqu'à la capture même de l'appareil d'Etat. Que ce phénomène s'appelle kleptocratie, le "gouvernement par le vol" qui devient une figure majeure et incontournable de certaines réalités politiques contemporaines. Que les raisons principales pour lesquelles ces questions douloureuses n'ont pas été sérieusement traitées sont, le plus souvent, d'une part le manque d’information de la masse des citoyens et, d'autre part, l'aveuglement, l’indifférence ou le déni de la classe politique. Que le niveau de souffrance atteint par le corps social du fait des dommages collatéraux de l'illégalité du pouvoir ne peut plus être toléré. Que la seule publicité de ces réalités peut contribuer à faire reculer la tolérance sociale de la corruption, du crime organisé et du clientélisme. Qu'il est possible et même vital de lutter contre la corruption, y compris la plus enracinée ; mais qu'alors la réunion des bonnes volontés en une entreprise de longue haleine apparaît un préalable indispensable. Que l’initiative de l’action doit venir de chacun de nous. Que les plus graves systèmes de corruption trouvent invariablement matière à prospérer à l’aide de compromissions silencieuse et du silence de citoyens isolés. Que de ce fait, il est urgent d'élever le niveau de conscience des citoyens. Que ces derniers portent, chacun, en leur coeur, une partie de la solution de ce vaste problème. Qu’il faudrait ici adopter la formule inspirée d’Etienne de La Boétie : « soyez résolus de ne plus tolérer le fléau et vous voilà libres ». Que l’homme, au cours de l’histoire, n’a jamais été autant lui-même, autant sacré, que toutes les fois où il n’a pas déserté son idéal. Que les seuls moyens efficaces et légitimes pour lutter contre la corruption s'inscrivent dans la plus directe filiation républicaine. Que la démocratie, les droits de l'homme, l’Etat de droit, l'égalité devant la loi et leurs implications pratiques, à commencer par la pleine indépendance de la Justice, ne sont pas seulement des principes constitutionnels mais doivent être énergiquement et continuellement défendus face aux atteintes du pouvoir. Mais qu’également, il faut aussi préférer une démocratie vivante et imparfaite aux simulacres qui s'installent parfois et aux tentations démagogiques antirépublicaines. C'est en conscience des éléments ici rappelés que ceux qui entendent unir leurs efforts pour prévenir les atteintes contre la démocratie et lutter efficacement contre la corruption proclament les principes suivants: I. Exprimant notre pleine solidarité avec le mouvement mondial qui semble se dessiner contre la corruption (Ukraine, Grèce, Espagne, Portugal, Mexique, Printemps Arabe, Inde, Chine, etc.) ; mais aussi notre complémentarité avec d’autres structures et initiatives nationales proches; II. Affirmant notre détermination à organiser une prévention mais aussi une lutte sans concession, la plus large possible, contre cette lente agonie sociale que constitue la corruption sous toutes ses formes ; III. Réunissant des femmes et des hommes de tous âges et conditions sociales résolus d'agir de concert pour sortir la France d'une tolérance qui s'apparente à une torpeur mortifère face à des menaces pressantes ; IV. Unissant nos forces, compétences et expériences les plus variées pour sensibiliser, informer, dénoncer, conseiller, parler, former, se former, enseigner et convaincre inlassablement de la nécessité de ce combat ; V. Travaillant dans cet esprit, inlassablement, à l'élévation des consciences et la vitalité du bien commun, pour que vive la République.


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